Brève histoire de l’avenir
avril 26, 2009
26 Avril,
J’aime ses sourires au téléphone, sa gourmandise enfantine, sa poitrine battant au rythme de ces indignations inaudibles, ses certitudes éphémères, sa moue boudeuse, le parfum d’amande douce de sa peau, l’effacement des limites de nos corps enlacés, ses lèvres humides contre ma peau, ses babillages incessants, ses plaisirs névrosés, ses moqueries taquines!
Une vie consumée!
L’appel salin
janvier 6, 2009
Une bouée à la surface d’un immense océan. Une toute petite bouée bicolore peinturlurée de vert et de bleu qui va de ci de là au gré des courants. La distance n’y change rien. Point de lavis bleu azur délicatement appliqué des miniatures iconiques cachés dans les grottes du littoral. A la place, une épaisse mixture comme la poix utilisée pour le calfeutrage des quilles des navires. Maculé, l’eau saumâtre et les algues ont teinté de vert ce nodule strié de bleu de siam et de rouge vénitien. Couleurs chatoyantes pour des rencontres nocturnes furtives avec des seigneurs de la côte. Cette côte pour seul horizon. Les bouées ayant rompu leurs attaches ne regardent pas vers le large, mais bien vers cette côte ocre aux senteurs boisées de terres humides. Une bouée virevolte et tournoie en une sarabande saline, espérant secrètement qu’une main calleuse la saisisse pour la restituer à ce monde qui l’a façonnait de ces mains. Le monde des hommes. Ligoté, elle constitue bientôt la tête de pont d’un filin, d’une frontière liquide. Déréliction humaine que de vouloir étendre son emprise sur le grand agité. Masque de celui qui ne veut pas se figer.
Ce glacis liquide, conquête de l’homme n’en marque pas moins le renoncement de notre petite bouée à l’appel du large. Les remugles océaniques du grand agité grondant et rugissant d’un parallèle à l’autre heurtent à longueur de temps ces flancs bosselés et ventrus. La longe la retient à ces semblables. Ce mouvement subi pourrait être dépeint sous la plume de quelques aèdes naturalistes par un renoncement stoîque. Dans la fraicheur d’un matin calme, les flancs luisants, le lourd et pesant vaisseau de guerre se profile. Lles gueules béantes de ces craches feu écrasent les flots comme Héphaistos martele le fer sous le Mont Olympus. D’une saillie, le nodule est libéré de sa longe et dérive à présent sur le grand agité, essuyant ces humeurs. Contre, tout contre.
Mécanique du fluide
janvier 4, 2009
Say aha!
L’oeil vif, les mains virevolant sur le paddle de son clavier, un samedi soir ordinaire en extrème occident! Mécanique, chirurgical, la frappe a perdu depuis longtemps sa trajectoire rectiligne pour errer de manière indécise sur le champ de batailles des sentiments. La peur prudente prend le pas et rien ne transparait réellement de ces échanges nocturnes. Confidences parcellaires qui ne mettent en avant qu’une image déformée et narcissique d’un soi rêvé, imaginaire, tellement plus fort, tellement plus naîf aussi! De l’innocence, bordel! Repeindre le monde en blanc! un blanc immaculé, non pour célébrer une virginité renouvellé du monde, mais seulement être au monde et le voir avec des yeux naifs et rêveurs. Je suis las… ne plus fracturer l’intimité des jeunes filles en fleurs, ne plus savoir si elles pratiquent le cunni ou la sodomie au bout de quelques heures, ne plus classer ma vie entre ce que j’aime et ce que je n’aime pas, ne plus respecter la feuille de route, ne plus deviner des traits graciles ou grossiers au prisme d’une webcam à la couleur sépia!
Voir le monde par de minuscules fenêtres msn n’ouvrent pas des perspectives bien réjouissantes. Une fenêtre pour dissiper quelques amours malades et une autre pour tomber malade d’amour. Ephémères certitudes… Dire que j’ai confié mon âme à mon premier amour pour toujours! Elle en est la gardienne! Les égyptiens pensaient que l’âme était le réceptacle de nos actions, bonnes ou mauvaises. Au trépas, Anubis, comptable à tête de chacal (oxymoron!), plaçait votre âme sur une balance à double plateaux. Si le poids de vos actions était plus léger que le poids d’une plume, vous pouviez espérer une mort paisible dans l’au delà! Un invariant culturel que voilà! La déchéance morale est souvent mise en scène par l’image de l’intrusion de la matière souillant l’esprit! Ce dualisme cartésien corps/esprit est trop exigeant pour notre époque! je pense donc je suis… Il me semble qu’un “je suis pensé” est plus adapté à notre temps réaliste et cynique! Le plus dégradant ne réside pas dans l’image du consommateur passif, ma foi chacun est libre d’adorer des idôles marketés, mais bien plus dans un trait de caractère valorisé de manière insidieuse : la connectivité! je veux parler d’une capacité à être le relais de la vacuité de la loghorré ambiante! à élever au rang d’art la capacité à diffuser la litanie du prêt à penser par ces réseaux, ces connections, bref à être un switch fonctionnel d’un circuit imprimé! je préfère un monde visqueux, que chaque switch retienne, ingère, englue et déglutit pas tout à fait la même chose et pas tout en même temps! Viscosité contre fluidité! J’espère cependant que mon premier amour n’a pas une vie trop poisseuse, sinon je risque de finir jeter aux crocodiles sous les yeux rieurs d’un comptable à tête de chacal!